Actualités du laboratoire | 2017

Soutenance de thèse de doctorat de Serge Ollivier

Soutenance de thèse de doctorat de Serge Ollivier

« Existir como comunidad ». Vivre la démocratie dans les barrios de Caracas sous la IVe République vénézuélienne (1958-1998)

Mardi 7 novembre, à 9h, à l'Université Panthéon-Sorbonne, Paris 5e

Le Centre de recherche d'histoire de l'Amérique latine et des mondes ibériques (CRALMI)
et Mondes Américains sont heureux de vous inviter à la

Soutenance de thèse de doctorat de Serge Ollivier

« Existir como comunidad ». Vivre la démocratie dans les barrios de Caracas sous la IVe République vénézuélienne (1958-1998)

Mardi 7 novembre 2017 à 9h,
à l'Université Panthéon-Sorbonne, salle Jean-Baptiste Duroselle, Galerie Dumas
14, rue Cujas, 75005 Paris


Le jury sera composé de :
• Mme Virginie Baby-Collin, Professeur, Aix Marseille Université
• M. David Garibay, Professeur, Université Lumière Lyon II
• Mme Pilar Gonzáles Bernaldo, Professeur, Université Paris VII Denis Diderot
• Mme Magaly Sánchez, Senior Researcher, Princeton University
• Mme Charlotte Vorms, Maître de conférences, Université Paris 1 Panthéon-- Sorbonne
• Mme Annick Lempérière, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, directrice de thèse

Résumé
Le 23 janvier 1958, la chute de la dictature de Marcos Pérez Jiménez ouvre la démocratisation improvisée et fragile du système politique vénézuélien. Le retour à la compétition électorale va de pair avec l’établissement sur les collines de Caracas de milliers de cabanes, les ranchos, qui forment rapidement des quartiers entiers : les barrios. De 1958 à 1998, durant toute l’existence de la Quatrième République Vénézuélienne, ces quartiers se multiplient jusqu’à héberger la moitié de la population de la capitale. Hors du marché régulier de l’immobilier, les barrios sont la réponse qu’une foule de citadins modestes a développée pour faire partie de la ville. La ville des barrios voit se développer en son sein des sociabilités et des modes de vie urbains originaux qui, immanquablement, se réclament de la « communauté » du quartier. Cette « communauté » des voisins est d’autant plus valorisée qu’elle est la figure politique et, à partir de 1978, légale par laquelle les barrios deviennent l’objet des politiques sociales et urbaines. De la valorisation du « développement de la communauté » durant les années 1960 à la déliquescence de la politique urbaine à partir des années 1980, l’action de l’État a tout aussi bien cultivé la célébration de la communauté urbaine que la prégnance des logiques partisanes. Durant la quasi-totalité du régime, l’action contradictoire de l’État a oscillé entre le soutien électoraliste à la fondation des barrios par « invasion » par les pouvoirs exécutifs qui valorisent la participation locale d’un côté et, de l’autre, le confinement des barrios comme objet irrégulier du droit et de l’action publique.

Les enjeux d’intégration à la ville partagés par tous les habitants des barrios – la qualité de la cohabitation au sein du quartier, l’obtention de services collectifs, la valorisation statutaire et subjective en tant que citoyens des barrios – ont entraîné ainsi la construction sui generis de la « communauté » du barrio comme un lieu triplement politique : objectivement, comme espace de sociabilités politiques entre les habitants eux-mêmes et entre certains d’entre eux et des réseaux politiques extérieurs au barrio ; institutionnellement, comme cadre d’exercice de droits civiques et de jouissance de droits sociaux via des organes « communautaires », principalement les juntes et associations de voisins ; symboliquement, comme « principe unificateur » d’un peuple populaire. Cette thèse a pour ambition de saisir l’histoire de cette construction de la « communauté » du barrio comme lieu politique. Elle tente d’y parvenir en suivant les parcours biographiques et les stratégies d’habitants investis dans la vie urbaine de leur barrio, que ce soit par leur intégration dans les réseaux militants des partis au pouvoir ou, au contraire, par un activisme revendicatif et révolutionnaire.

De la construction du rancho à l’auto-positionnement subjectif dans le corps civique national, cette histoire socio-politique de l’appartenance à la « communauté » du barrio est une tentative d’histoire « totale ». Elle réévalue ainsi l’histoire du régime au prisme de l’histoire urbaine de la Caracas populaire.

EHESS
CNRS
Paris Sorbonne
Paris Ouest Nanterre la Défense

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