Actualités du laboratoire | 2015

Journée d'étude

Journée d'étude "Patrimonialisation et régimes d'historicité (II) - Le secret"

Lundi 2 mars 2015 de 10h à 18h, salle du Conseil B, EHESS - 190 avenue de France Paris 13e

Dans le cadre du projet ANR-Fabriqu'AM - La fabrique des "patrimoines" : Mémoires; savoirs et politique en Amérique indienne aujourd'hui

Patrimonialisation et régimes d'historicité (II)
Le secret

Lundi 2 mars 2015,
EHESS, 190 avenue de France Paris 13e
de 10h à 18h, salle du Conseil B

Nous avons au cours du projet Fabriq’AM exploré différentes modalités de « mises en oubli » suscitées par la patrimonialisation (la substitution de rituels, l’opposition, l’euphémisation ou l’éradication de la violence de certaines pratiques par exemple). Mais mettre en patrimoine suppose parfois aussi de taire volontairement pour différents motifs : la peur, la honte, la fierté, la colère, des formes de résistance, l’affirmation d’un frontière dans un monde qui se veut globalisé, ou bien au contraire la volonté de masquer des particularités afin de pouvoir s’y insérer et de pouvoir mener des revendications.

L’objectif de cette journée est de réfléchir sur le «secret» dans un contexte de patrimonialisation et avec la volonté de conférer une importance au contenu du secret et de ne pas réduire son analyse à l’étude seule de sa forme (voir Adell 2014). Différents aspects seront abordés :

• Les liens entre l’oubli et le secret : comment penser l’articulation ou les glissements entre le fait d’oublier et le secret dans les cas où l’idéal de la patrimonialisation (idéal communautaire, démocratique, de justice, d'équilibre et de réciprocité, d'harmonie avec la nature etc. selon) n’est pas compatible avec certaines pratiques indigènes (peines de mort, combats rituels violents, attaques sorcelaires par exemple) ; comment penser cette articulation encore, dans les cas de violence politique (Voir Robin 2013) et notamment quand «le devoir de mémoire» a donné lieu à des processus de patrimonialisation ?

• Les conceptions et les rapports à la temporalité et à l’ancestralité, les modes de constructions mémorielles à travers l’étude des liens entre histoire orale et les archives notamment.

• Voiler et dévoiler : dévoiler n’est pas que dire, tandis que cacher ne se résume pas à taire ; inversement taire n’est pas forcément cacher et garder secret (voir (Adell op. cit., Armanet 2011). Il s’agira de s’interroger sur les rapports entre le contenu et la forme du secret ainsi que sur la transmission et le contrôle de la diffusion d’information (contrôler cette diffusion au sein d’un processus de patrimonialisation est-ce garder un secret ? Le secret peut-il supporter un dévoilement graduel ?). Mais au-delà, l’étude du secret interroge sur les frontières qu’il estompe ou qu’il affirme entre des groupes et par là renvoie intimement à des enjeux identitaires et politiques qu’il conviendra d’explorer dans sa dimension à la fois synchronique et historique (Voir Demanget 2014).

• Patrimoine, secret et trace : certaines pratiques (des rituels funéraires, des techniques narratives) visent à effacer des traces, à faire disparaître ou à dissimuler et font en sorte qu’il n’y ait pas de transmission possible. Comment penser alors leur patrimonialisation ? Peut-on patrimonialiser ce qui a disparu intentionnellement ? Nous mettrons en parallèle des cas où des pratiques fondées sur l’oubli et le secret n’ont jamais été patrimonialisées et d’autres fondées sur le contrôle de la diffusion d’informations (certains codes culturels sont dévoilés, d’autres non) afin de réfléchir sur l’articulation entre secret, patrimoine et trace tout en considérant les différentes échelles de ce processus. Enfin, nous nous demanderons si inversement, la patrimonialisation ne peut pas être vécue comme un dispositif qui a révélé des secrets ?

• Les émotions : elles semblent jouer un rôle cardinal dans les processus qui conduisent des groupes à «faire des secrets». Il s’agira ici de mieux déterminer quelles peuvent être ces émotions, d’examiner leur rôle (dans quelle mesure sont-elles des embrayeurs de réflexivité? par exemple) et de s’interroger sur l’articulation entre expression émotionnelle, discours et pratiques.

•  L’anthropologue et le secret : quel est le rôle de l’anthropologue et quelle prise de risque dans l’anthropologie et l’ethnographie du secret (Voir Graham M. Jones 2014) dans un contexte de patrimonialisation ?

Pour en savoir plus et voir le programme complet

 

Programme

10h : accueil des participants

10h20 : Laurence Charlier (anthropologue associée au MA)
Présentation

10h30 : Montserrat Ventura i Oller (Universitat Autònoma de Barcelona)
La tradition à l’envers : passé et futur dans un exemple équatorien

11h15 : Pause

11h30 : Anath Ariel de Vidas (Directrice de Recherche, MA)
L’histoire omise. Tradition orale, histoire transcrite et patrimonialisation dans un village nahua au Mexique.

12h15 : Magali Demanget, (Maîtresse de conférence, Université Paul-Valéry Montpellier)
Le trésor secret du chamanisme. Paradoxes de la mise en patrimoine dans la Sierra Mazatèque (Mexique)

13h : Déjeuner

14h : Vincent Hirtzel (Chargé de recherche, LESC)
Discrétion, camouflage et secret(s) : la politique de frontière yurakaré

14h45 : Laurence Charlier (Anthropologue associée au MA) et Claude Legouil (sociologue associé au CREDAL)
«Le mythe nous a trompé». Les archives révélées, Nord Potosi, Bolivie (titre provisoire)

15h30 : Pause

15h45 : Ariela Epstein (post-doctorante LISST)
«On-dit» et réponses évasives, la non-écriture d’un morceau d’histoire en contexte de patrimonialisation

16h30 : Nathalie Manrique (Anthropologue affiliée au LAS)
Secrets, simulacres et exhibitions. Noces et pratiques funéraires chez les Gitans d’Andalousie

17h15 : Débat
Discutant
Emmanuel de Vienne (Maître de conférence, Nanterre Université)

 

Organisation  : Laurence Charlier  - courriel

EHESS
CNRS
Paris Sorbonne
Paris Ouest Nanterre la Défense

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