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Nathalie Augier de Moussac

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Jeunes docteurs
Centre(s) de rattachement : CERMA

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nathalie.augierdemoussac[at]ehess.fr

Titre de la thèse
Magnum Signum Mexicanum. Révélations autour de l’Image de la Vierge de Guadalupe, XVIe-XXIe siècles, sous la direction de Serge Gruzinski

Thèse soutenue le 15 novembre 2017.

Résumé
L’image acheiropoïète de la Vierge de Guadalupe américaine draine au sein de son sanctuaire, situé au nord de l’agglomération de Mexico, pas moins de vingt millions de pèlerins par an. Star incontestée dans son pays d’origine, l’icône mariale métropolitaine s’est peu à peu imposée comme une figure incontournable du pouvoir politique.

Promue pour ses vertus miraculeuses par l’Eglise de Nouvelle - Espagne dès 1556, l’Image a permis dans un premier temps de rassembler les divers groupes en présence autour d’une même pratique religieuse. Son apparition jugée ultérieurement prodigieuse justifiera la Conquête et cristallisera, dès le milieu du XVIIe siècle, les désirs d’émancipation des créoles. Encouragées par le haut clergé, les reproductions du Lienzo - la toile où, selon la tradition, s’est imprimée la silhouette mariale - tout comme ses interprétations symboliques (pictographiques ou littéraires) vont se multiplier, soulevant l’enthousiasme des élites locales tout en favorisant le développement du culte extra-muros.

Choisie comme emblème du Mexique indépendantiste puis par l’appareil ecclésiastique contraint à l’exil par les lois de Reforma instaurées au milieu du XIXe siècle, l’Image sera revendiquée successivement par deux empereurs, avant de passer dans le camp des révolutionnaires menés par Zapata, puis de rejoindre les Cristeros dans leur combat pour la liberté de culte. Elle est aujourd’hui le labarum de l’Eglise catholique mexicaine mais aussi celui du Vatican qui, à travers la canonisation de Juan Diego, témoin des apparitions miraculeuses, a cru entrevoir le moyen d’enrayer la dérive d’un continent confronté aux courants évangéliques. Enfin, en dépit de la séparation de l’Eglise et de l’Etat imposée par la Constitution de 1917, elle demeure indissociable de l’exercice politique dans un Mexique contemporain où Televisa, second groupe télévisuel d’Amérique après le brésilien Globo, fait figure de cinquième pouvoir.

Aujourd’hui l’Image de la Vierge de Guadalupe incarne plus que jamais la mexicanidad autrement dit l’identité mexicaine et protège, non seulement la capitale du Mexique et le pays tout entier, mais ses ressortissants en dehors des frontières nationales. Tel est le paradoxe de cette image que les plus hautes autorités gouvernementales ou religieuses du pays tentent périodiquement de s’approprier : à la fois, emblème du peuple mexicain et bannière derrière laquelle se rassemblent les laissés-pour-compte, elle est le privilège de tous et la garde rapprochée de tout à chacun.

Dans un contexte globalisé et depuis l’accession à la mandature suprême d’un Donald Trump déterminé à imposer sa loi à ses voisins du Sud, elle symbolise plus que jamais l’esprit de résistance qui anime les Mexicains.
 

Mots clés

Vierge de Guadalupe ; Catholicisme ;  Mexique ; Symbole identitaire ; Image acheiropoïète

EHESS
CNRS
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