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Sabine Guez

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Sabine Guez étudie les processus sociohistoriques de construction de la légalité et de la légitimité, et les usages et les manipulations idéologiques et empiriques de la loi qui sont à l'œuvre dans les stratégies et les pratiques quotidiennes de la ville-frontière de Ciudad Juárez, dans un contexte de narcotrafic omniprésent. (sous la directions d'Alban Bensa)

 
Soutenance le 30 juin 2016
14h, EHESS, salle du Conseil A, 190 avenue de France 75013 Paris

À la frontière du légal et de l’illégal.
Stratégies et pratiques quotidiennes en temps de guerre contre les drogues à Ciudad Résumé :Juárez (Mexique) et El Paso (États-Unis)

 
Jury :
• Luis Astorga, Professeur à l’Instituto de Investigaciones Sociales de l’Universidad Nacional Autónoma de México
• Gilles Bataillon, Directeur d'études à l'EHESS
• Alban Bensa, Directeur d'études à l'EHESS, Directeur de thèse
• Éric Chauvier, Maître-assistant associé, ENSA, Nantes
• Léonore Le Caisne, Chargée de recherche au CNRS
• Efrén Sandoval Hernández, Professeur au Centro de Investigaciones y Estudios Superiores en Antropología Social, Monterrey
 
Résumé :
Cette thèse s’intéresse à l’ordinaire du trafic de drogue à Ciudad Juárez-El Paso et interroge l’histoire sociopolitique de la montée en puissance de l’ordinaire de ce négoce, prohibé depuis quelque cent ans. Elle se donne un double objectif : comprendre le phénomène de compénétration du trafic de drogue et d’un espace social frontalier dans toute sa profondeur historique, décrire cette compénétration au ras du sol, au présent. Cette recherche doctorale propose d'examiner le trafic de drogue en tant que source d'emplois, d'argent et de pouvoir, et en tant que champ de relations sociales complexes par le biais desquelles il perdure et se transforme. Elle tente d’épouser cette complexité en multipliant et en croisant les points de vue de personnages. L’analyse, qui porte principalement sur trois moments charnières – les années 1930, les années 1980, les années 2000 –, s’efforce de nouer en un récit trois fils, trois histoires qui s’éclairent les unes les autres.
Notre premier fil est l’histoire régionale du trafic de drogue. Son émergence en position subordonnée au pouvoir politique est saisie à travers l’histoire des grands-oncles d’une interlocutrice privilégiée, élus dans l’Etat de Chihuahua et acteurs de premier plan dans la conduite de ce négoce dans les années 1930. La thèse met en relief le rôle de l'État mexicain comme fer de lance du mouvement social de légitimation du narcotrafic. Il traça le chemin : instrumentaliser cette manne était possible ; il sema cette idée – via l'exemple et la contrainte – qu'il était rationnel, défendable de tirer son parti du crime. L’essor du trafic de la cocaïne dans les années 1980 et les transformations sociales en lien avec la corruption qu’il engendra sont appréhendés à travers l’étude du mariage de cette même interlocutrice avec un trafiquant de renom et les cheminements biographiques de plusieurs autres protagonistes. La seconde histoire incorporée dans la trame du récit est celle, individuelle, de tous ces personnages. D’un portrait à l’autre, les points de vue de mes interlocuteurs produisent une manière d’histoire orale à plusieurs voix et commencent d’éclairer un même moment historique, en actes.
La décennie des années 1980 apparaît alors comme celle de l'engouement irréfléchi, tous milieux socioéconomiques confondus, et une période de grande transparence des accointances d’une partie de l'élite au sein du crime organisé : le maillage des participations de près ou de loin à une activité plus que jamais collective se densifie, l’intérêt suscité par ses retombées financières se diffuse au sein de l’État comme en dehors, et des liens institutionnels se doublent de relations d'affaires, d'amitié, d'amour. À la lumière de «plans rapprochés» de plusieurs personnes et de l’ethnographie de la vie quotidienne en temps de guerre contre les drogues, les premières années 2000 ressortent comme celles de la banalité du trafic de drogue, de son indifférenciation notamment dans l'esprit des jeunes gens. Le trafic de drogue suscite un mélange paradoxal de séduction et de répulsion. Il a tant essaimé qu'il n'est plus possible de le dépeindre comme un monde à part. La thèse revient aussi sur le conflit armé qui fit plus de 10 000 morts à Ciudad Juárez entre 2008 et 2011. L’histoire de cette enquête ethnographique, pensée comme une expérience de savoir, est le troisième fil conducteur du récit. Elle met en relief des moments, expériences de savoir dialogique, et révèle un processus de connaissance lent, par imprégnation sur le terrain, et jalonné de surprises.

♦ Pour en savoir plus

EHESS
CNRS
Paris Sorbonne
Paris Ouest Nanterre la Défense

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